La poterie Lapita apparut premièrement dans l'Archipel de Bismarck, à l'est de Papoua, Nouvelle-Guinée, vers le milieu du 2ème millénaire avant J.-C. On peut en trouver la trace à travers la Mélanésie jusqu'en Nouvelle-Calédonie, et ensuite à l'est jusqu'à Samoa. C'est de ces potiers qu'est issue la population de Fidji, Samoa et Tonga. Les Polynésiens de la poterie Lapita se sont installés dans divers groupes d'îles, dont Samoa et Tonga. Et c'est là que se développa la culture polynésienne typique.
Au cours du dernier millénaire avant J.C, les îles de Fidji, Tonga et Samoa ont vu se développer beaucoup des caractéristiques de la culture polynésienne. Cependant l'usage de la poterie semblait avoir disparu à l'époque de la découverte de la Nouvelle Zélande. D'autres savoir-faire artisanaux, tels que la fabrication de petites haches en pierre (adzes) et celle d'hameçons, avaient succédé à la poterie. On retrouve ces techniques depuis la Polynésie orientale jusqu'en Nouvelle Zélande.
Les caractères distinctifs polynésiens ont pu évoluer soit à partir des peuples mélanésiens de la région des Bismarck, soit à partir d'une région située plus à l'ouest.
La date exacte de la colonisation polynésienne de la Nouvelle Zélande n'est pas connue, mais on pense que les premiers canoës seraient arrivés entre 950 et 1130 après J.C. environ.
D'après la tradition orale Māori, leurs ancêtres polynésiens auraient émigré d'une île mythologique du Pacifique nommée Hawaiiki, probablement proche de l'actuelle Hawaii. D'autres historiens retracent le voyage des polynésiens jusqu'en Nouvelle Zélande à partir de la Chine actuelle, entreprenant le long voyage via Taiwan, à travers le Pacifique Sud, en continuant jusqu'à Aotearoa, la Nouvelle-Zélande.
La vraie raison de cette migration reste inconnue. Les nouveaux arrivants s'installèrent surtout le long des côtes Néo-zélandaises, en particulier la côte est, plus hospitalière et jouissant d'un climat plus tempéré. Les colons introduisirent des animaux tels que le chien et le petit rat polynésien.
A cette époque, la Nouvelle-Zélande abritait beaucoup d'oiseaux incapables de voler comme le Moa, oiseau aptère coureur herbivore de très grande taille, de la famille des ratatites. Cet oiseau fut donc chassé sans mesure pour sa viande, ses très gros oeufs et ses plumes. Les os du Moa, très solides, furent utilisés pour fabriquer des objets et des outils.
Les Māoris ont également utilisé leurs excellentes compétences dans la fabrication de petites haches en pierre, ayant découvert de grands gisements à l'intérieur du pays. Les Polynésiens ont aussi cultivé la patate douce (kumara), qui s'adaptait particulièrement bien dans la région nord de la Nouvelle Zélande, plus chaude.
La kumara (Ipomoea batatas) est une patate douce d'origine tropicale, de la famille des convolvulacées. Ce fut la principale culture des Māoris jusqu'à l'arrivée des Européens. La tradition orale Māori assure que la kumara de Nouvelle Zélande est originaire de Hawaiiki. Une autre théorie affirme qu'elle fut introduite par les baleiniers américains vers 1850.
Principale alimentation des Māori, la kumara était stockée dans des galeries bien fraîches, creusées au flanc des collines. La galerie avait un grand portail, et les kumara étaient stockées à l'intérieur, sur des plate-formes. Le surplus de nourriture était stocké dans un "pataka" (petit entrepôt à vivres ou magasin communautaire érigé sur pilotis et sculpté), dont la façade en bois était ornée de sculptures symbolisant la fertilité ou l'abondance de nourriture (photo ci-dessus).
