C'est une tombe très particulière,blocs de corail tapissés de feuillages.
Le site est beau,la mer tout près berce l'hote de cette architecture pesante.La baie s'ouvre sur l'océan et juste en face du tombeau,la large plage de sable noir de la Pointe Vénus.
Il ne doit pas se sentir seul le roi Pomaré V dans son dernier refuge.Un vaste parking lui fait face et de nombreux baigneurs se douchent derrière l'arbre imposant sur la droite.
Derrière,un monument commémorant les soldats morts pour la France dresse sa pierre vers le ciel.
Le roi Pomaré V est le dernier représentant ayant régné d'une illustre dynastie.Cela se passait dans la seconde partie du 19eme siècle.
Fait troublant,ce roi,converti au christianisme tout nouveau dans ce coin de Pacifique,a littéralement mis sa mère dehors,puisque cette tombe avait été batie puis occupée par les cendres de cette dernière!
Cette femme,la reine Pomare IV a régné près de 50 ans et reste une image forte et respectée.
C'est elle qui accepta le protectorat de la France,contrainte de son plein gréé?
Ce roi n'a pas très bonne réputation.On dit qu'il était alcoolique sévère et qu'il vénérait davantage la dive bouteille que le seigneur divin!
C'est lui également qui céda ses territoires à cette même France.
Il est seul dans ce mausolée trapu,les autres rois de cette dynastie se tiennent compagnie au PK5,4, un kilomètre plus loin dans la ville d'Arue.
Bientôt,le 5 Mars prochain est jour férié.Les diverses confessions saluent l'arrivée des premiers missionnaires à la fin du 18eme siècle.
Le commun des tahitiens reste souvent près des siens après son départ vers l'infini.Sa tombe ,petit rectangle de sable blanc entouré de corail ou de moellons fait tache dans un coin du jardin familial.Parfois d'autres membres de sa famille le rejoingnent.
Les jours de Toussaint,des sacs de sable blanc de Moorea souvent sont en vente sur le bord des routes pour renouveler la surface des tombes.
La personne qui s'en va est très entourée.Elle rentre chez elle et ses proches,ses amis,ses connaissances lui tiennent compagnie durant plusieurs jours.
Un drapeau, blanc,un morceau de toile blanche flotte au vent sur le bord de la route pour indiquer à tout passant ou automobiliste le deuil qui frappe une famille.
L'assemblée prie sous des tendues de toile,regroupée sur des chaises alignées comme à l'église.
On lit,on prie,on parle.
On le veille avant de lui dire adieu.
Une coutume de l'au revoir que la métropole a laissé se diluer.