De nombreuses hypothèses ont été échafaudées au cours des siècles écoulés pour tenter d'expliquer comment ce peuple de navigateurs avait pu coloniser toutes les îles du Pacifique plusieurs centaines d'années avant que le premier Européen ne s'aventure sur les mers australes. Aujourd'hui, la communauté scientifique internationale a adopté dans son ensemble la thèse d'une origine asiatique et d'un peuplement du Pacifique par la voie mélanésienne à partir de 2000-1500 avant J.-C.
Elle suppose que des Polynésiens originaires des Tonga ou des Samoa auraient pris la mer sur de grandes pirogues doubles en direction de l'Est, colonisant presque simultanément quelques siècles avant le premier millénaire les archipels des Cook, de la Société et des Marquises et que ceux-ci furent le point de départ des migrations vers les autres archipels de la Polynésie française à partir du cinquième siècle après J.-C.
Ces recherches et les résultats qui en découlent ne rencontrent qu'un faible écho auprès des Polynésiens plus sensibles au contenu de la tradition orale et du récit généalogique qui leur permettent de se situer dans leur propre histoire. Sur ce dernier point, on assiste à l'émergence d'aspirations qui puisent leur vitalité dans un substrat culturel dont les racines s'étendent à tous les archipels qui composent la Polynésie française, et jusqu'aux confins du grand triangle polynésien qui relie l'archipel de Hawai'i à celui de la Nouvelle-Zélande et l'île la plus isolée du Pacifique, l'île de Pâques.

