On en est sûr aujourd'hui, les compétitions sportives du Heiva contribuent à perpétuer les anciennes traditions polynésiennes.
L'une de ces compétitions contribue à honorer le cocotier. L'épreuve de la préparation du coprah consiste à extraire la pulpe de la noix de coco. On retrouve les champions parmi les gens des districts ou ceux des îles. Le Coprah est toujours récolté en Polynésie et le cocotier est encore appelé l'arbre de vie.
Avec le cocotier on peut tout faire : ses palmes tressées couvrent les toits, le tronc sert de charpente, les jeunes coeurs se mangent ainsi que la pulpe. Son eau se boit, le fruit se vend pour extraire des huiles. On extrait le lait de coco, on confectionne le mitihue et du taioro. On le transforme en monoï, et on fait brûler les fibres pour repousser les moustiques.
Cette activité comme beaucoup de sports ancestraux est la transformation d'un geste quotidien en concours sportifs anciens et communautaires. Les règles du jeu sont simples et dangereuses à la fois, il s'agit pour chaque équipe composée de 3 athlètes en tenue traditionnelle pareu et couronnes de fleurs, de décortiquer en moins de 3 minutes, deux cents noix de coco. Un concurrent doit fendre les noix avec sa hache opahi. Un second concurrent extrait la pulpe avec une lame d'acier recourbée paaro. Un troisième enveloppe les pulpes dans une grande toile de jute.
Les concurrents utilisent leur propre matériel (Opahi, paaro, tabouret, sac de jute protecteur). Les blessures, heureusement sans gravité, sont fréquentes car tous les instruments sont affûtés et tranchants comme des lames de rasoirs.